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Homélie du Père Philippe

Jeudi 21 Mai 2020: Ascension du Christ – Homélie du Père Philippe.

Chères sœurs, chers frères
Le jeudi de l’Ascension c’est le quarantième jour après Pâques, un nombre symbolique, comme les quarante jours au désert. À Noël, on annonce la bonne nouvelle de l’avènement de Jésus ; à Pâques, on annonce la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus ; à la Pentecôte, on annonce la bonne nouvelle de l’avènement du Saint Esprit. À l’Ascension, Jésus monte au ciel. La promesse qui nous est faite aujourd’hui, où nous célébrons l’Ascension, c’est la promesse d’un grand bonheur. Ce que Jésus nous promet, c’est que nous recevons la force de l’Esprit qui nous est nécessaire pour vivre comme ses témoins.

L’Esprit est dans nos cœurs pour nous faire passer dès maintenant de la guerre à la paix, de la dureté à l’amour, de la mort à la vie. Pour que dès maintenant quelque chose de la joie de l’au-delà éclaire notre vie et notre monde.

Jésus n’a pas simplement été un observateur de la misère et un dénonciateur des malheurs que nous pouvons expérimenter dans notre vie. Il s’est impliqué personnellement, il a soutenu les malades, il les a guéris, il a écouté les gens en détresse, il a partagé avec les plus pauvres, il a invité les gens à l’honnêteté et à la justice. Nous aussi nous devons permettre à tout être humain de se libérer de ses chaînes.

L’Ascension nous invite à nous mettre en marche à la suite de Jésus, à devenir des pèlerins en prenant notre bâton de marche et en parcourant les routes du monde. Être des disciples, cela nous invite à poursuivre cette tradition de transmettre la vie. Vivre l’Ascension, c’est prendre le risque de donner la vie. Et Jésus est là pour nous montrer le chemin, pour nous aider, il est là avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Le départ de Jésus, dessine un nouveau mode de présence, une présence universelle, hors frontière et hors du temps. Libéré des limites du corps, il est, par sa mort et à sa glorification, il est maintenant au cœur de nous-mêmes. « Je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps. Vous êtes en moi et je suis en vous ».

L’évangéliste Luc nous présente l’Ascension comme la dernière étape de la présence visible de Jésus parmi les disciples. Dès lors, les disciples entament leur chemin dans le monde, sans la présence visible de Jésus. Le Seigneur se fait présent dans l’histoire de l’homme.

Les deux anges dirent aux disciples : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » C’est l’invitation à garder les yeux du cœur posés sur Jésus ressuscité et sur ses blessures et non sur nos habitudes. Le Ressuscité n’est pas un fantôme et ses blessures sont celles des hommes et des femmes marqués par la douleur et la violence.

Être avec Jésus signifie que nous sommes déjà, en quelque sorte, entrés au ciel. Et le ciel a déjà commencé sur la terre, chaque fois que nous nous réunissons au nom de Jésus, chaque fois que nous nous aimons comme il nous a aimés, chaque fois que nous aidons les pauvres et que nous nous sentons leurs frères.

L’Ascension, c’est un départ : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » Jésus remet les responsabilités de la construction du monde entre nos mains. La vie n’est que dans la marche. Pas d’Église véritable sans que ses membres ne soient en marche ou à l’écoute des cris du monde.

Sœurs et frères, entendons-nous les cris des personnes seules qui ne peuvent plus sortir parce que leurs forces sont diminuées, parce qu’elles n’ont plus de famille?
Elles ont simplement besoin d’une présence, de quelqu’un qui vient passer quelques heures, parler, écouter… Entendons-nous les cris de ces mères seules ? Entendonsnous les cris des pauvres ?

C’est ça l’Ascension ; risquer de retrousser ses manches, croire en la présence de Dieu aujourd’hui. Savonsnous que Dieu a besoin que nous lui prêtions nos mains, nos yeux, notre cœur pour être présent et redonner un sens à notre monde, un monde qui n’a de place que pour l’efficacité.

L’Évangile de Matthieu ne nous livre pas de mot sur l’Ascension. Ce qui l’intéresse, c’est de savoir que la mission de Jésus est continuée.

Le départ de Jésus nous appelle à partir nous aussi, à sortir, à bouger, à être en route sur le chemin de Vérité.

À la fête de l’Ascension nous sommes invités à reconnaître cet amour reçu et à le partager avec les autres. Notre témoignage, c’est peut-être de rappeler, d’affirmer, et de transmettre notre certitude que le Dieu crucifié, peut nous recréer, faire de nous des êtres nouveaux et avec nous recréer l’histoire des hommes. Aujourd’hui, la liberté s’appelle Résurrection. « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples… » ! Allons ensemble, prenons l’initiative et osons, parce que l’amour de Dieu ne connaît pas de frontières : c’est pour cela que Jésus, aujourd’hui, nous envoie, au-delà de toutes les frontières, jusqu’aux extrémités de la terre.

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