Home 2021 février 22 Messe du 21 février, 1er dimanche de Carême : Homélie du Père Jérôme Thuault, curé.

Messe du 21 février, 1er dimanche de Carême : Homélie du Père Jérôme Thuault, curé.

Messe du 21 février, 1er dimanche de Carême : Homélie du Père Jérôme Thuault, curé.

Gn 9, 8-15 / Ps 24 / 1P 3, 18-22 / Mc 1, 12-15

L’Esprit pousse Jésus au désert écrit l’évangéliste, suggérant que cette étape était nécessaire, avant que le Seigneur n’entame sa mission. Quarante jours au désert, tenté par Satan : quarante jours d’épreuve par lesquels le Fils de Dieu s’est préparé pour aborder sa mission, démontrant qu’il était fort, car pleinement homme et pleinement Dieu. Au désert, Jésus a vaincu Satan.

Et voilà qu’à notre tour, sur le modèle de la retraite que Jésus a vécue au désert, il nous est donné de vivre quarante jours particuliers : un temps de conversion. En effet, nous avons reçu nous aussi de Dieu une grande dignité au jour de notre baptême : il a fait de nous ses enfants ! Le Seigneur nous a fait des dons de grande valeur : il a mis en nous son amour, nous a donné un cœur nouveau, il a gravé sa Loi dans nos cœurs. Voilà donc – avec le Carême – le temps opportun pour nous le rappeler ! L’Esprit saint nous conduit nous aussi « au désert » pour que nous retrouvions la grâce de notre baptême, et que nous en vivions.

Je n’oublie pas nos catéchumènes : eux s’apprêtent à recevoir la grâce baptismale… cet après-midi à la cathédrale ND de Créteil, Saloni et Anaïs seront appelées à recevoir à Pâques les sacrements de l’initiation chrétienne, pour devenir elles aussi enfants de Dieu !

Retrouver le sens de notre baptême et vivre à la manière de Jésus… voilà donc l’enjeu de ce temps particulier, dont nous devons être protagonistes en faisant des choix personnels et en nous laissant transformer par Dieu lui-même.

A la différence de Matthieu et Luc, l’évangéliste Marc ne s’attarde pas sur les combats que Jésus a dû affronter contre le Malin. Nous savons qu’il a repoussé les attaques, qu’il n’a pas cédé aux raisonnements pervers de l’adversaire, qu’il n’a rien cédé de son attachement à son Père. Jésus a remporté le combat ! C’est évidemment fondamental, mais St Marc n’a pas jugé utile d’en dire davantage – dans la suite de l’évangile, on voit combien Jésus n’a de cesse de combattre le Malin pour délivrer tous ceux qui sont soumis à sa domination.

Avec ce récit très bref des quarante jours au désert, nos regards se tournent immédiatement vers la suite. Après le combat, il y a la mission, or cette mission revêt un caractère urgent. Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche.Voilà la première annonce de Jésus, qui est en quelque sorte le thème et le but de la mission du Christ. Le « thème » car il s’agit de faire comprendre aux hommes que le Messie qu’ils attendent, depuis les temps anciens, est arrivé. Il est là ! Jésus inaugure un temps nouveau. Cette annonce aussi le « but » de sa mission : par ses paroles et ses actes, Jésus configure peu à peu ce règne de Dieu, règne de justice et de paix, de vérité et d’amour.

Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche.Cette annonce n’a rien perdu de son actualité. Au contraire ! Depuis près d’un an, nous vivons une situation curieuse et désagréable, comme si le temps était « suspendu ». La pandémie a bousculé nos habitudes, et plus encore, elle a obscurci notre avenir. Nous sommes passés par des phases d’incompréhension, d’abattement, d’espérance… mais à ce jour nous sommes encore dans l’attente d’être libéré d’un virus qui empoisonne nos vies. C’est dans ce contexte bien particulier que résonne l’annonce de Jésus : les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche !

De fait, nous sommes contraints dans nos activités, nos mouvements, mais devons-nous renoncer à tous projets, à toutes ambitions ? Nous sommes contraints dans nos gestes – distanciés les uns des autres, parfois derrière nos écrans – mais devons-nous renoncer à vivre la charité ?

La vie nouvelle – que Jésus a inaugurée, après son baptême au Jourdain et sa retraite au désert – la vie continue ! Nous-mêmes, forts de notre baptême, devons mener les bons combats en ce Carême, afin que la vie continue, malgré les épreuves du présent. Les démons qui circulent en ces jours sont nombreux : ils visent à nous décourager, à nous inciter à la rébellion, à nous diviser ; jamais ils ne nous aideront à mûrir une vision de l’avenir. Or nous, en disciples du Christ devons continuer à construire patiemment les temps nouveaux. Et pour ce faire, l’Eglise nous a rappelé mercredi dernier (Cendres), quelques pratiques fondamentales qu’il est bon de se réapproprier en ces quarante jours : la prière, le jeûne, le partage. En nous attachant à les pratiquer, nous pourront apporter notre contribution – plus significative que nous ne le pensons – à ces temps nouveaux.

Demandons au Seigneur, frères et sœurs, de savoir vivre ce Carême avec sérieux et espérance, pour refaire nos forces auprès de lui et mieux assumer notre mission de chrétiens en ce monde.

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