Home 2021 mars 15 Dimanche 14 mars – 4ème dimanche du Carême, dimanche de Laetare : homélie du Père Jérôme Thuault, curé.

Dimanche 14 mars – 4ème dimanche du Carême, dimanche de Laetare : homélie du Père Jérôme Thuault, curé.

Dimanche 14 mars – 4ème dimanche du Carême, dimanche de Laetare : homélie du Père Jérôme Thuault, curé.

Nous avons passé jeudi la mi-Carême, et ce 4e dimanche est donc appelé « dimanche de la joie. » Le terme de notre itinéraire est proche, nous avons accompli une partie du chemin qui nous conduit vers Pâques. Puisque nous approchons des fêtes pascales, de façon très subtile, la liturgie nous fait déjà entrevoir la croix. Et précisément, ce dimanche particulier nous invite à faire le lien « difficile » entre la croix et la joie.

Le mot croix n’apparait pas dans l’Evangile de ce dimanche… pourtant, s’il n’a pas été prononcé, nous l’avons tous vu, dans notre esprit. Dans le désert, Moïse éleva le serpent de bronze sur un mât. De même,dit Jésus, il faut que « le Fils de l’Homme soit élevé. » Nous savons comment il a été élevé, pendant les événements tragiques de Jérusalem. Jésus fait clairement allusion à la croix, je dis clairement car nous connaissons l’Evangile dans son intégralité. Pour ses disciples, rien n’était moins clair ! Jésus annonce donc le mystère de la Croix, pas tant à la souffrance qu’il subira, mais plutôt la glorification qu’il vivra. Il a été élevé sur la croix, avant d’être élevé au Ciel, où il siège désormais à la droite du Père.

Le mystère pascal est déjà très présent dans les textes de ce dimanche, et la liturgie nous donne les clés pour bien le comprendre. L’évangéliste Jean et l’apôtre Paul, à l’unisson, nous disent que derrière la Croix, il y a le mystère de l’amour de Dieu. « Dieu est riche en miséricorde » écrit Paul, « à cause du grand amour dont il nous a aimés, il nous a donné la vie avec le Christ. » et Jean écrit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. »

Aujourd’hui, au cœur de ce Carême, c’est l’amour de Dieu qui nous est à nouveau annoncé, et pas seulement annoncé mais offert, gratuitement. Les paroles du Christ sont fortes : il n’est pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver. Il n’est pas venu pour juger… pourtant, les prophètes qui ont précédé Jésus avaient préparé le peuple avec zèle enseignant la Loi, c’est-à-dire ce « savoir-vivre » qui devrait gouverner notre humanité. Cette Loi dont Dieu lui-même dit qu’elle n’est pas loin de nous, mais tout près de nous, inscrite au fond de nos cœurs. Puisque « tout a été dit » par les prophètes, puisque « tous ont été prévenus », alors la venue du Christ aurait pu inaugurer le temps du jugement. Ce n’est pas le cas !

Le temps du jugement n’est pas venu, nous sommes encore dans le temps de la miséricorde, qui est le temps de la patience… pour nous dans la mesure où « tous » nous traversons une période difficile, d’incertitude, de contrariété, de souffrances multiples – mais c’est surtout le temps de la patience du Seigneur. Lui, qui est AMOUR, il NOUS attend, il attend que nous revenions vers lui.

Finalement, à la mi-Carême nous est rappelé le message du mercredi des Cendres : « revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. » (Jl 2,13)

Et finalement, ce dimanche, la liturgie nous place devant ce choix fondamental : continuer à vivre « comme bon nous semble », avec les infidélités que cela entraine bien souvent ; les accommodements ;

Ou bien accueillir la miséricorde que Dieu nous offre, sachant qu’accepter un don nous engage toujours ! Même si ce don est gratuit !!! Il n’est pas possible de recevoir un grand don sans être touché, pas possible de ne pas s’interroger ! Paul dit « c’est par la grâce que vous êtes sauvés » ; c’est vrai, Dieu nous accorde sa grâce, mais la question est de savoir si nous l’accueillions ou si nous la négligeons !

Vivre comme bon nous semble, ou accueillir la miséricorde que Dieu nous offre.  Vivre avec un cœur qui risque de se refroidir, de se corrompre, ou bien accueillir l’amour de Dieu qui nous brûlera le cœur et nous permettra d’aimer à notre tour. Dieu nous laisse du temps, dans sa bonté, saisissons la main qu’il nous tend !

Il y a 5 ans, le pape François a inauguré l’initiative 24h pour le Seigneur, calée sur le 4e dimanche de Carême : 24h pour intensifier notre prière, recevoir le sacrement de la réconciliation… c’est ce que nous vivrons cet après-midi ! Notre église sera tout spécialement ouverte, de 14h à 16h, et vous pourrez faire l’expérience que « Dieu est riche en miséricorde », qu’il est venu pour sauver. Le Seigneur vous attend !

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