Home 2021 août 01 Dimanche 1er août – 18ème dimanche du temps ordinaire : homélie du Père Marc Dumoulin, vicaire.

Dimanche 1er août – 18ème dimanche du temps ordinaire : homélie du Père Marc Dumoulin, vicaire.

Dimanche 1er août – 18ème dimanche du temps ordinaire : homélie du Père Marc Dumoulin, vicaire.

Chers Frères et Sœurs,

Regardons cette foule, ces gens qui montent dans des barques et partent à la recherche de Jésus. Ne nous embarquons-nous pas de la sorte, nous aussi, en ce dimanche d’août, quand nous quittons nos maisons et nos conforts pour venir en cette église ? Comme ces gens, ne sommes-nous pas, nous aussi, à la recherche de Jésus ? Et quand nous cherchons Jésus, qui recherchons-nous ? Que désirons-nous ? Les gens qui s’étaient embarqués à la quête de Jésus avaient été rassasiés par lui de pains et de poissons qu’il avait multipliés pour eux et qu’il leur avait donnés.

Ils ont été rassasiés, mais d’une faim qui renaîtrait.

Jésus ne tient pas pour rien cette faim naturelle, la première à laquelle il répond. Ventre affamé n’a point d’oreille, dit la sagesse populaire. Celui que la faim tenaille est peu enclin à accueillir une autre nourriture. Subvenir aux besoins matériels de nos frères constitue pour nous une exigence spirituelle.

Point de nourriture qui demeure dans la vie éternelle sans d’abord celle que l’on mange et qui rassasie. On la consomme, puis on la perd. A quoi sert cette nourriture que l’on perd, sinon à nous permettre de recevoir celle qui demeure dans la vie éternelle et que donne le Fils de l’homme. Quand nous prions le Seigneur et que nous lui demandons : que devons-nous faire pour obtenir la vie, la vie éternelle ? que demandons-nous ? L’informons-nous de nos besoins alors qu’il les connaît bien mieux que nous ? Voulons-nous incliner sa volonté pour qu’il réponde à nos demandes ?

Le Seigneur n’a pas besoin d’être sollicité en faveur de nos désirs ni de notre bonheur, car il ne veut pas autre chose pour nous, sinon ce bonheur. Comme la foule qui court pour être rassasiée, ne faisons-nous pas obstacle à sa volonté, quand nous restons aveuglés par nos obsessions en nous privant de ce bonheur qu’il veut pour nous ? L’Apocalypse le dit : Il est à notre porte et il frappe. Le Seigneur exauce notre prière. Et nous, exauçons-nous la sienne ? Comment nous ouvrirons-nous à sa présence mystérieuse ? Comment le croirons-nous, Lui, qui nous est envoyé ?

Le vrai pain, qui rassasie nos faims passagères, et surtout nos faims les plus secrètes, enfouies et silencieuses, c’est le pain qui descend du ciel, le pain que Dieu nous donne, pain qui donne la vie au monde, pain de la vraie vie, vie de Dieu lui-même. Le Seigneur le dira bientôt, prenant du pain : prenez, mangez, c’est mon corps. Si vous ne mangez pas le corps du Fils de l’homme, si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.

Dans le Notre Père, nous disons : Donne nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Nous ne disons pas, comme nous le pourrions : Donne-nous toujours le pain dont nous avons besoin. Ni non plus : Donne à tous les hommes le pain qui les rassasiera. Nous disons seulement : Donne-nous, à nous qui dans la prière, nous mettons en ta présence, notre vrai pain, Donne-nous notre pain de ce jour, pain qui dure autant que ce jour où nous nous rendons présents à ta présence.

Simple regard où notre être se donne. Paisible écoute de notre âme pour Celui qui se dit en sa Parole. Toute notre liberté passée au feu de l’éternelle lumière de l’amour du Seigneur.

Tous nos besoins peuvent ainsi servir d’appui à notre prière. Plus ou moins obscurément, tous, ils révèlent un désir que Dieu met en nous et que lui seul pourra combler par son désir de répondre à cette prière, par la seule réponse qui vaille : sa présence et l’alliance qu’il désire établir avec chacun.

C’est pourquoi nous pouvons tout demander au Seigneur, car en lui demandant, si nous demandons bien, même après des détours ou des chemins de traverse, c’est le Seigneur lui-même que nous demandons et tout ce qui peut mener jusqu’à Lui.

Oui, que ton règne vienne, et nous n’aurons plus jamais faim. Que ta volonté soit faite sur terre comme au ciel, et nous n’aurons plus jamais soif.

Amen.

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