Home 2021 août 22 Dimanche 22 août 2021 – 21ème dimanche du temps ordinaire : homélie du père Marc Dumoulin, vicaire.

Dimanche 22 août 2021 – 21ème dimanche du temps ordinaire : homélie du père Marc Dumoulin, vicaire.

Dimanche 22 août 2021 – 21ème dimanche du temps ordinaire : homélie du père Marc Dumoulin, vicaire.

Chers Frères et Sœurs,

Souvenons-nous, cela avait si bien commencé sur les bords de la mer de Galilée, quand Jésus, avec les disciples, avait nourri cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons. La foule enthousiaste l’avait ensuite recherché, allant jusqu’à monter dans des barques pour le retrouver, non à cause des signes, mais parce qu’elle avait été rassasiée.

Par la suite, Jésus les avait invités à travailler à la nourriture qui demeure, l’œuvre de Dieu, pain de la vie, pain vivant, autrement dit : le Seigneur lui-même qui donne sa chair à manger et son sang à boire, pour la vie du monde, la vie éternelle. Les disciples ont alors compris que suivre Jésus, cela pouvait mener jusqu’au sacrifice de sa propre vie. La mort du père Olivier en donne encore un exemple actuel. L’enthousiasme des disciples était alors retombé pour faire place à la récrimination : ils récriminaient au sujet de Jésus. L’Evangile le dit : des disciples, de ceux qui avaient tout quitté pour le suivre, certains ne croyaient pas en ce discours, si bien qu’après, ils s’en retournèrent et cessèrent d’accompagner Jésus. Donner sa vie en nourriture pour le monde, selon eux ce n’était pas gagnant.

Frères et Sœurs, ne ressemblons-nous pas, nous aussi, à ces disciples et à cette foule ? Nous suivons bien volontiers le Seigneur aussi longtemps qu’il répond à notre faim et à notre soif, à l’idée que nous nous faisons de lui, quand nous sommes heureux de nous retrouver en son nom parce que l’ambiance est bonne et chaleureuse. Mais lorsque le Seigneur en appelle à notre foi, que notre foi porte à croire en Lui comme pain vivant qui se donne à manger pour la vie du monde, nous invitant nous aussi à donner notre propre vie sans compter pour nos frères, alors, qui de nous reste encore avec lui ? Qui l’accompagne ?

Voulez-vous partir, vous aussi ? L’avez-vous observé ? Jésus ne retient pas ceux qui ne croient pas, qui s’en retournent chez eux et cessent de l’accompagner. Plus surprenant encore, il demande aux Douze s’ils veulent partir eux aussi, semblant sous-entendre qu’il ne les contraindra pas à rester si la foi venait à leur faire défaut.

Aujourd’hui, beaucoup récriminent toujours au sujet de Jésus et de l’Eglise.  Beaucoup se satisfont de ne pas croire, et s’en retournent chez eux, ne songeant même pas à l’accompagner. Alors, nous qui avons quitté notre toit pour venir ici ce soir, ce matin, Jésus nous pose aussi la question : Voulez-vous partir, vous aussi ? Le Seigneur qui se donne tout entier à chacun, aux croyants et au-delà, à tout homme ; Lui qui peut nous arracher à l’irréversible mal de la mort, Jésus nous pose la question : Voulez-vous partir, vous aussi ? Partir, mais où ? Pour quelle destination ? Un coup de sonde que la question du Seigneur nous envoie au seuil de la rentrée.

Personne ne peut venir à moi, si cela ne lui est pas donné par le Père, dit-il encore. Voilà le don du Père. Le Père donne à tous d’aller à Jésus, don de sa grâce, don du salut. Comment le recevrons-nous ? Un don nous est fait, qui n’aboutira pas sans nous. Un don n’est pas encore un don si longtemps qu’il n’est pas reçu, accepté, célébré, action de grâce de celui qui l’accueille comme l’invincible amour dont témoigne ce don. Don qui n’est rien d’autre, sinon la vie éternelle. Le Père nous la donne. Il nous donne tout en Jésus. Alors, voudrions-nous partir, nous aussi ?

A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Telle est la réponse de Pierre. Une réponse en forme de question. Il ne demande pas : irions-nous ? Mais : A qui irions-nous ? Notre passage en ce monde ne mène nulle part. Il nous réserve mieux, il conduit à quelqu’un, Jésus, le Seigneur.

Pierre ajoute : Quant à nous, nous croyons. Alors, nous qui sommes l’Eglise à la suite de Pierre, disons avec lui au Seigneur : nous croyons, tu as les paroles de la vie éternelle. Nous n’irons nulle part. Nous irons à toi, Jésus, le Christ. Non pas une destination ; mais le chemin même qui mène partout, à une vie en plénitude, la vie éternelle, la vie de Dieu.          

Amen.

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