Home 2021 octobre 01 Homélie Père Jérôme prononcée lors de la messe à l’église des Saints Anges Gardiens – pèlerinage Laudato Si’ – 26/09/2021

Homélie Père Jérôme prononcée lors de la messe à l’église des Saints Anges Gardiens – pèlerinage Laudato Si’ – 26/09/2021

Homélie Père Jérôme prononcée lors de la messe à l’église des Saints Anges Gardiens – pèlerinage Laudato Si’ – 26/09/2021

Chers frères et sœurs,

quelle joie de nous retrouver au terme de cette marche en cette église des Saints-Anges-Gardiens ! Aujourd’hui, nous avons voulu vivre d’une part une immersion dans la réflexion de l’Eglise sur le respect de la Création (avec l’encyclique Laudato Si’), d’autre part un temps fraternel en doyenné. Je suis très heureux de nous voir ici rassemblés, fidèles de Vincennes, de Saint-Mandé, de Saint-Maurice et Charenton, avec mes confrères prêtres et diacres. Vraiment, nous avons vécu une belle journée, en nous faisant pèlerins ; pèlerins sur un sentier très fréquenté du Bois de Vincennes, à l’écoute de la Parole de Dieu et des paroles du pape François, à l’écoute de différents témoins : un historien du Bois, des professionnels qui prennent soin de cet espace naturel, des Jeunes pour la Paix qui y rencontrent les pauvres.

Au terme de cette journée, nous aimons davantage encore notre Bois de Vincennes, qui est -d’une certaine façon – le beau jardin de notre doyenné. Rendons grâce au Seigneur pour ce lieu si précieux ! Et tout ce que nous avons recueilli au long de cette journée, déposons-le avec gratitude en offrande dans cette liturgie.

Lorsqu’on dresse l’état de notre planète : de nos terres et nos rivières, de l’air, de la biodiversité, des ressources minérales, la désolation nous gagne. Que de blessures avons-nous infligé à notre maison commune ! Pendant de nombreuses années, nous avons pu vivre dans l’insouciance, en prélevant sans limite des ressources naturelles, en accumulant nos déchets… mais désormais les alertes se multiplient. Elles ne viennent pas seulement de la part des nombreux scientifiques (climatologues, océanographes, biologistes…) ; nous avons pu constater par nous-mêmes les conséquences du rythme effréné des activités agricoles et industrielles : pollution de l’air, appauvrissement des sols, assèchement des nappes phréatiques, pollution de nos rivières… ce sont des réalités que nous rencontrons, dans nos pays. Plus dramatiques encore, les alertes qui révèlent le changement climatique en cours : je pense à des événements récents qui ont eu lieu près de chez nous, les « épisodes méditerranéens », déluges dévastateurs, qui ont notamment frappé la vallée de la Roya, il y a un an ; d’autres pluies diluviennes tombées sur la Belgique et l’ouest de l’Allemagne en juillet dernier ; tandis que qu’en Europe du Sud, en Algérie et dans d’autres pays, des régions qui connaissaient une grande sécheresse ont été dévastés par des méga-feux. Qui pourrait prétendre aujourd’hui qu’il n’entend pas la clameur de la terre et la clameur des pauvres, affligés par ces calamités ?

Le constat est dur à accepter ; du reste, à la lecture du chapitre 1er de l’encyclique Laudato Si’ beaucoup de lecteurs ont sombré dans le pessimisme ! Mais un changement est possible ; une réconciliation s’impose : avec la Création, avec le Créateur.

Dans l’évangile que nous avons entendu, le Père se présente sous les traits d’un vigneron exigeant. Le Seigneur entend récolter du fruit sur sa vigne, et il s’en donne les moyens : il la taille avec soin. Comprenons de cette image biblique que Dieu ne nous demande pas de végéter, de passer en « mode de survie. » Non : Ce qui fait la gloire de mon Père, dit Jésus, c’est que vous portiez beaucoup de fruits.

Nos comportements mauvais produisent des fruits amers, voire pourris. Nos comportements vertueux produisent de bons fruits : c’est que le Seigneur attend de nous. L’œuvre de la création est belle, comme le Seigneur lui-même l’a constaté (cf. Gn 1). Et chacun de nos actes, de nos pensées doit contribuer à cette bonté du monde.

Dans l’encyclique Laudato Si’, le pape François souligne combien « tout est lié ». L’expression revient très souvent dans son texte. La protection authentique de notre propre vie comme de nos relations avec la nature est inséparable de la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres (LS 70). Et puisque tout est lié, tout dérèglement entraine des conséquences en cascade dans le fonctionnement de notre monde : la crise environnementale est liée à la crise sociale, ainsi qu’à la crise sanitaire.

Dans le discours de la vraie vigne, Jésus nous dit lui aussi que « tout est lié », il en fait même un principe vital. Je suis la vigne et vous les sarments (…) Demeurez en moi, comme moi en vous (…). C’est avec Lui et en Lui que nous trouverons les forces pour changer notre style de vie, devenant plus soucieux du bien commun. En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire, dit Jésus. La sagesse des chrétiens ne vient pas d’une idéologie ou d’une doctrine isolée ; on l’obtient de ce lien sans cesse entretenu avec Celui qui est notre vie.

Frères et sœurs, rendons grâce à Dieu pour le chemin que nous avons parcouru ensemble, dans le Bois de Vincennes, pour cette journée qui a ravivé en nous l’amour pour la Création. Et engageons-nous ensemble sur un chemin de conversion, pour un plus grand respect de notre « maison commune » ainsi que de tous nos frères et sœurs qui l’habitent.

Partager cette page avec vos amis :