Home 2021 octobre 06 Dimanche 3 octobre – dimanche de la création : homélie de Benjamin Claustre, diacre

Dimanche 3 octobre – dimanche de la création : homélie de Benjamin Claustre, diacre

Dimanche 3 octobre – dimanche de la création : homélie de Benjamin Claustre, diacre

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas »

Les textes de ce dimanche tombent parfaitement pour conclure le temps de la création, un temps proposé à tous les chrétiens en septembre, orthodoxes, protestants, catholiques.

Un temps qui s’achève demain, jour de la Saint François, chantre et apôtre de la création.

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ; on pourrait aussi dire : ce que Dieu a créé, la terre et la nature, que l’homme ne les détruise pas ; ce que Dieu nous a donné et confié, nos sœurs et nos frères, les enfants, que l’homme ne les blesse pas.

L’Evangile que nous venons d’entendre met en avant la mission qui nous est confiée par le Seigneur, notre responsabilité à son égard, l’alliance qui est scellée entre Dieu et nous, dans laquelle Dieu se donne totalement et attend notre participation pour bâtir son Royaume.

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas

Nous partageons toujours ce passage de Marc avec les jeunes qui se préparent au mariage car Jésus y rappelle la grandeur du couple et l’indissolubilité du mariage ; mais, au-delà de cet aspect, Jésus nous parle de la création et du projet de Dieu pour les hommes.

Dans le livre de la Genèse, il est écrit qu’au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme, donc distincts, pour que finalement ils fassent un (première lecture).

On peut se demander pourquoi Dieu ne fait pas tout de suite un puisque c’est son objectif ?

Mais on peut aussi comprendre que, pour Dieu, la création n’est pas finie, que le monde qu’il nous confie est inachevé, un monde en devenir, qui attend notre contribution, notre travail.

Le verset de l’Evangile le dit autrement : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et, en nous, son amour atteint la perfection » ; c’est magnifique !

L’accomplissement de l’amour de Dieu a besoin de notre amour pour atteindre sa perfection, tout comme la création a besoin de notre participation pour pleinement se déployer.

N’étant pas établie définitivement dès son origine, la Création du monde se continue sans cesse et invite chacun d’entre nous a y contribuer, à œuvrer, à quitter quelque chose, à vivre des conversions. C’est cet élan, ce souffle qui est indissoluble.

Le temps de la création de Dieu n’a pas de fin, c’est un commencement qui n’a pas de fin.

En réponse à des pharisiens qui mettent Jésus à l’épreuve en lui demandant s’il est permis à un mari de renvoyer sa femme, de mettre fin à une histoire, Jésus rappelle cet élan de la création, ce commencement sans fin, projet de Dieu qui veut notre unité et non nos divisions.

Jésus sait que ce chemin n’est pas facile et, dans sa bouche, on peut entendre « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » non pas comme un reproche ou un ordre, mais comme une invitation, un encouragement, à ne pas nous dérober, à nous rappeler la confiance que le Seigneur a en chacun de nous, à ne pas avoir peur, à être remplis d’espérance puisque rien n’est jamais fini.

Ce que Dieu a créé, la terre, la nature, nos sœurs et frères, que l’homme ne les détruise pas

De nos jours, l’espérance est battue en brèche et les raisons de désespérer sont multiples :

la crise climatique, la pandémie, les maladies, la situation économique, le chômage, la pauvreté, les égoïsmes nationaux ou individuels, les guerres, les violences…

C’est justement là que les chrétiens sont invités à faire œuvre de création et d’espérance.

Dans ses deux encycliques « Laudato Si », loué sois tu, et « Fratelli tutti », tous frères, le pape François nous invite, chrétiens et gens de bonne volonté, à prendre soin de la création, de notre terre, de la nature, de notre « maison commune », de nos frères et sœurs, surtout les plus fragiles d’entre nous, sans se replier sur le passé « c’était mieux avant », mais en se tournant vers l’avenir, vers le monde qui vient, en agissant pour le rendre toujours plus beau, plus sûr, plus juste, plus fraternel.

La création a laquelle nous sommes invités ce n’est pas forcément le big bang !

La création se tisse le plus souvent dans le quotidien, l’humilité, la discrétion, à l’image de Saint Joseph, que nous fêtons particulièrement cette année.

Chaque jour, comme chrétiens, nous sommes appelés à témoigner de notre foi et de notre espérance dans notre travail et nos activités, non pas seulement en faisant attention aux autres, mais aussi en donnant du sens à notre travail et nos activités, à en faire des œuvres : créer, construire, cultiver, élever, enseigner, étudier, soigner, aider, relever, protéger, faire de la cuisine, de la musique, du sport, tout peut louer Dieu et la création.

« Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! A toi le bonheur !

Ce que Dieu a créé, l’enfant, que l’homme ne le blesse pas

A la fin de l’Evangile de Marc, Jésus proclame « Le royaume de Dieu est à ceux qui ressemblent aux enfants ». C’est énigmatique : que veut dire ressembler aux enfants ?

Je vous propose de retenir un sens aujourd’hui : l’enfant, c’est la création par excellence, la nouveauté absolue dans nos vies, qui créée tout, bouscule tout, invente tout, espère tout.

L’enfant c’est celui qui veut toujours grandir, devenir, qui a la vie devant lui.

C’est à cette vie devant nous, à cette croissance, à cette grandeur, que Jésus nous invite, qui que nous soyons, quel que soit notre âge : Il nous invite à ne pas vouloir tout finir, tout expédier, comme les pharisiens de l’évangile, mais à avancer, à persévérer, à croire.

De cela nous aurons bien besoin dans les jours qui viennent avec la publication, mardi 5 octobre, du rapport de la Commission Indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise.

Nous allons vivre un moment rude et grave : depuis 70 ans, des milliers d’enfants ont été abusés par des adultes dans l’Eglise, des vies détruites.

Aujourd’hui, nous prions particulièrement pour tous les enfants victimes d’abus sexuels et aussi pour toutes les personnes victimes d’abus.

Nous demandons au Seigneur de nous aider, à l’image de son Fils, à prendre soin des personnes blessées et à faire de notre Eglise une maison sûre.

Que le Seigneur de justice et de miséricorde nous conduise sur le chemin d’une vie nouvelle.

Ce que Dieu a créé, que l’homme ne l’interrompe pas

Partager cette page avec vos amis :