Home 2020 novembre 22 Messe du 22 novembre – Notre Seigneur Jésus Christ roi de l’Univers . Homélie du Père Philippe Perraud, vicaire.

Messe du 22 novembre – Notre Seigneur Jésus Christ roi de l’Univers . Homélie du Père Philippe Perraud, vicaire.

Messe du 22 novembre – Notre Seigneur Jésus Christ roi de l’Univers . Homélie du Père Philippe Perraud, vicaire.

Chères soeurs et chers frères,

L’Evangile d’aujourd’hui nous renvoie à une demande : Qu’avons-nous fait de notre frère ? Il le fait en énumérant six œuvres. L’humilité du besoin est si importante que Dieu y a lié le salut, serré dans un peu de pain pour le voyage, un verre d’eau, un vêtement donné, une visite, l’accueil de qui est étranger, un peu de courage pour aujourd’hui et demain, puis il nous surprend en disant : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait ! »

Jésus établit un lien si étroit entre lui et les pauvres qu’il s’identifie à eux ! Le pauvre est comme le corps, la chair de Dieu. Les cieux où le Père habite sont ses enfants, et en particulier ses enfants les plus pauvres. Le pauvre est comme le paradis de Dieu. Lorsque votre main touche un pauvre homme à la vie tourmentée, nos doigts touchent le ciel de Dieu.

Matthieu énumère six bonnes œuvres, aussi vastes que le domaine de la douleur humaine. Je souligne trois mots du passage : Dieu est celui qui tend la main parce qu’il lui manque quelque chose. Le sujet du jugement est l’amour, mesure de l’homme et de Dieu, la mesure ultime de l’histoire est le bien et la lumière. La balance de Dieu pèse sur la bonté, sur la solidarité, sur la fraternité. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour (Saint Jean de la Croix). Le Seigneur ne regardera pas que vers moi, mais autour de moi, vers ceux dont j’ai pris soin.

Chères sœurs et chers frères, la fête du Christ Roi de l’Univers nous aide à comprendre comment Jésus règne et comment il guide l’Histoire de notre monde vers son règne d’amour et de paix. Matthieu, nous présente l’icône de Jésus sur le trône comme un juge et un roi. Le Seigneur de son trône préside toute notre vie, il nous accompagne, accompagne nos journées, il préside notre prière, notre « sortir » par les routes de notre monde et même, ou plutôt et surtout en ces temps si difficiles de pandémie. Au milieu des difficultés du monde, même quand il traverse les ravins de la mort, comme dit le psaume, le peuple de Dieu sait que Dieu, comme un berger, le mène vers des eaux tranquilles et le fait revivre puisque Dieu est bon. Cette image du berger trace le portrait même de Dieu qui est le vrai pasteur.
Elle dit la préoccupation de Dieu pour les faibles et les malades, ceux et celles que les plus forts ont maltraités et rejetés, marginalisés.

À ce peuple choisi, ce peuple de frère choisi par Dieu, il a été donné d’entrer le premier dans l’intimité de Dieu pour ouvrir la porte aux autres.

Cette fête nous dit que nous ne sommes pas abandonnés par Dieu aux forces du mal. Nous ne sommes pas seul ! Notre Roi vient à notre rencontre, à nous qui avons besoin d’aide, de soin, d’espérance pour aujourd’hui et pour demain. Alors qu’il nous regarde avec miséricorde, il nous indique le chemin pour arriver à son règne. Cette fête est une bonne nouvelle pour nous, et en particulier pour les plus faibles et les plus pauvres qui en souffrent le plus en ces temps durs !

En effet, ils sont nombreux en ces temps ceux qui ont faim et soif, ceux qui sont abandonnés, ceux qui sont seuls ! sans parler des personnes âgées qui depuis des mois pour certains sont seules, sont enfermés ne recevant plus de visite. Cette fête, nous dit que Jésus est du côté des pauvres. Parce que devant son trône, tous les peuples sont réunis sans aucune distinction ! Les pauvres sont le véritable tribunal de règne de Dieu. Qui est à leur côté entend les paroles des béatitudes : « venez-les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous… ».

Ce lien entre Jésus et les pauvres nous engage tous ! Ne pas s’engager pour le bien commun, lutter contre la faim et l’injustice, rester les bras croisés, c’est se rendre complice de la corruption, légitimer le péché social, laisser le champ libre aux mafias. Le vrai péché d’aujourd’hui, dit le pape
François, est la “mondialisation de l’indifférence”.

Chères sœurs et chers frères, il est plus que venu le moment de prendre soin, de vivre en frère et en sœur. Prenons soin les uns des autres, regardons autour de nous, ouvrons les yeux, nous y verrons le visage de Dieu ! Notre ciel, notre avenir, c’est le bien que vous et moi donnerons aux pauvres, aux invisibles, aux derniers.

Cette fête nous rappelle le don que nous avons reçu : celui de l’Evangile, de la Parole bonne et joyeuse, de cette force qui transforme nos villes, nos quartiers. Comme le monde a besoin de parole bonne qui disent du bien, qui bénisse. Semons avec patience et audace l’Evangile vraie force qui change le monde. Dieu règne dans le monde à travers l’amour pour les pauvres. Voici le chemin qui fait avancer le monde vers le salut et le règne de Dieu.
Remercions Dieu pour la clarté de cette foi qui nous fait goûter dès maintenant la joie de vivre à côté de notre roi en vivant aux côtés des pauvres.

Partager cette page avec vos amis :