Home 2020 décembre 16 Messe du 13 décembre : 3ème dimanche de l’Avent. homélie du Père Philippe Perraud, vicaire

Messe du 13 décembre : 3ème dimanche de l’Avent. homélie du Père Philippe Perraud, vicaire

Messe du 13 décembre : 3ème dimanche de l’Avent. homélie du Père Philippe Perraud, vicaire

III Dimanche de l’Avent « Gaudete »

Is 61, 1-2a.10-11 ; Ps Lc 1 ; 1 Th 5, 16-24; Jn 1, 6-8.19-28

Soyez toujours dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche “. En ce 3ème dimanche de l’Avent, nous entendons des appels à la joie. Alors beaucoup se posent la question : comment être dans la joie avec tout ce qui nous arrive ? La crise sanitaire due à la pandémie, la solitude, les violences, les guerres, les persécutions ? Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent dans le désespoir. Et pourtant, c’est là au cœur de nos épreuves et de nos inquiétudes que la voix des prophètes vient nous rejoindre.

Chères sœurs et chers frères,

C’est par cette invitation de l’apôtre que s’ouvre la liturgie de ce dimanche, appelé « Gaudete », le dimanche de la joie. ” Soyez toujours dans la joie – recommande saint Paul – priez sans relâche, rendez grâces en toute circonstance “. Apprenons à prier ” sans cesse ” le Seigneur, en lui rendant grâces pour toute chose et que cela soit une attitude et un choix intérieur dans notre vie ordinaire.

Il vient parce qu’il veut nous sauver du péché et nous donner sa joie. Voilà la volonté de Dieu qui est à la racine du mystère de Noël, de la naissance du Fils.

La joie est un choix que nous sommes appelés à accomplir. En tout temps. Joyeux et sereins, non pas parce qu’imperturbables ou inconscients, mais grâce à une conscience claire et forte de la venue de Dieu. C’est lui qui nous libère. C’est lui le motif de notre joie.

Le prophète Isaïe s’adresse à un peuple qui vient de vivre une situation dramatique. Ce peuple a été déporté en terre étrangère. Pendant cinquante ans, il y a souffert de l’injustice, de l’oppression et de la pauvreté. Or c’est là que le prophète Isaïe intervient : il annonce la bonne nouvelle aux pauvres, réconforte les cœurs brisés, libère les captifs et annonce un temps de grâce pour ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur. Isaïe nous appelle à témoigner, à libérer les gens, à les faire espérer. Cette bonne nouvelle est toujours d’actualité dans le monde tourmenté qui est le nôtre : le Seigneur est là, au cœur de nos vies.

Il est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux et celles qui souffrent. Il est venu rendre à tous les hommes leur liberté et leur dignité d’enfants de Dieu. Comme disait le pape Jean-Paul II, “il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu”.

Cette prophétie illumine d’avantage ce temps d’avent et le noël de cette année. Le Seigneur nous invite à faire grandir cette prophétie !

La joie est la première manière de ne pas se décourager devant le mal, d’en être libres. Elle communique l’amour, rend sensible et attentif aux véritables détresses du monde et des gens ! Nous sommes joyeux parce que le pardon nous délivre du péché. Nous changeons parce que, par grâce, nous sommes associés à l’avènement du Royaume qui fait irruption dans l’histoire, et à l’Esprit qui nous soulève et nous transforme. Nous sommes joyeux de pouvoir commencer à nous dissocier d’un monde qui réduit toute chose au cynisme, qui pense tout connaître, qui juge de tout mais sans amour, prisonnier de ses calculs.

Nous nous mettons avec une attention renouvelée à l’écoute de Jean Baptiste. Ce n’est pas lui le Sauveur, et il le dit clairement. Jean ne s’est pas laissé gagner par la gloire et par le succès, en voyant tant de gens courir à lui. Dans son humilité, cependant, Jean Baptiste a bien conscience de la responsabilité qui lui a été confiée, il affirme devant tous : ” Je suis la voix qui crie à travers le désert : aplanissez le chemin du Seigneur “. Être une ” voix ” est une responsabilité particulière. Chaque chrétien devrait s’attribuer les paroles de Jean : ” Je suis la voix “.

Oui, chers amis nous sommes tous cette voix qui crie c’est-à-dire des annonciateurs de l’Evangile. Tout croyant, est une voix, un témoignage. Voilà la seule vraie force de Jean. Mais c’est une force faible. Qu’est-ce qu’en effet qu’une voix ? Un peu moins que rien : un souffle ; il suffit vraiment de peu de chose pour ne pas y faire attention et il n’y a aucun pouvoir extérieur qui puisse l’imposer.

Pourtant, elle est forte, au point que nombreux sont ceux qui se pressent autour de cette parole. Cette voix renvoie au-delà d’elle-même, en direction de quelqu’un de plus fort, de plus puissant.

Jean Baptiste nous ramène à ce qui est essentiel afin que nous ne nous égarions pas, mais que nous orientions tout notre cœur vers le Seigneur. La force de Jean consiste à briller pour que la lumière soit vue. C’est Dieu qui est lumière, et il illumine même les ténèbres les plus épaisses ! Alors, notre voix peut faire fleurir la vie dans le désert. Nous sommes appelés à faire connaître aux nombreuses personnes que nous rencontrons celui qui est déjà là, au milieu de nous, car le Seigneur vient, il fait germer la terre, il en fait à nouveau un jardin, son jardin. Viens vite, Seigneur Jésus !

Nous devons nous réjouir de Noël et tout faire pour nous y préparer malgré les restrictions, les gestes barrière… Le monde a besoin de témoins de la joie de Noël.  Laissons-nous transformer par Dieu. Soyons des gens d’espérance qui n’ont pas peur de s’engager avec d’autres au long travail d’enfantement de la vie et de l’amour. Soyons convaincants en témoignant que Dieu est vivant avec nous. Soyons habités par la joie que nous donne son amour et habités par la force que nous donne sa vie.

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