Home 2021 janvier 11 Messe du 10 janvier : fête du baptême du Seigneur. Homélie du Père Jérôme Thuault, curé

Messe du 10 janvier : fête du baptême du Seigneur. Homélie du Père Jérôme Thuault, curé

Messe du 10 janvier : fête du baptême du Seigneur. Homélie du Père Jérôme Thuault, curé

L’Evangile de Marc est le plus bref des 4 évangiles : il n’a que 16 chapitres ! Dès aujourd’hui, avec le Baptême du Seigneur, il faut nous habituer à des récits sobres et brefs. Saints Luc et Matthieu en disent davantage ; Marc, lui, ne s’est pas « perdu » dans les détails, il est allé à l’essentiel, nous laissant le soin de nous attarder sur chaque verset pour bien en saisir la valeur.

Vraiment, le récit du baptême du Seigneur est très bref. Pour la liturgie, 2 versets d’introduction ont été selectionnés, reprenant quelques paroles de Jean Baptiste ; puis les 3 versets relatifs au baptême proprement dit. On ne trouve donc aucun détail sur les personnes qui étaient présentes ce jour-là, sur le lieu précis au bord du Jourdain ; aucune parole de Jean ni de Jésus… seulement les paroles du Père !

Intéressons-nous aux paroles de Jean-Baptiste : il oppose la figure de Jésus et la sienne, avec cette alternance de propos Lui/Moi. Lui est plus fort que moi ; moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit saint ; moi, je ne vous ai baptisé quand dans l’eau (ordinaire) du Jourdain. Par cette opposition, le prophète oriente résolument nos regards vers le Christ.  

Bien souvent, lorsqu’on insiste sur ce qui nous distingue de quelqu’un, on le fait à notre avantage. A moins que celui avec lequel nous nous comparons ait de plus grandes qualités que nous… auquel cas il vaut mieux éviter la comparaison pour ne pas tomber dans le piège de la jalousie.

Jean-Baptiste n’est pas entré dans cette logique. Le prophète, rempli d’Esprit saint, parle de Jésus en ayant bien conscience de son identité. Jésus est le Sauveur attendu, il est le Fils de Dieu. Devant lui, le Baptiste ne peut que faire preuve d’humilité. Il se reconnait comme simple serviteur, qui a accompli sa mission. Des gens sont venus vers lui, parce qu’ils voulaient changer de vie, devenir meilleurs. Il les a aidés, et les a invités à entrer dans l’attente du Messie. Or voilà que désormais, Jésus arrive sur les bords du Jourdain.

En s’immergeant dans les eaux du Jourdain, Jésus inaugure un baptême nouveau : le baptême dans l’Esprit saint ; c’est celui que nous avons reçu… ou que certains enfants et adultes se préparent à recevoir à Pâques ! Le baptême dans l’Esprit nouveau nous recréé à l’image de Dieu. C’est l’œuvre de l’Esprit saint : cet esprit qui s’est rendu visible en descendant sur Jésus sous la forme d’une colombe. Le jour du baptême, l’Esprit descend sur nous et vient habiter en nous, dans nos corps pour faire de nos corps un sanctuaire. L’esprit nous transforme [si nous le voulons !].

Par le baptême, nous devenons semblables à Jésus, capables d’aimer, car Dieu habite dans nos cœurs. Capables de pardonner, parce que Jésus a su nous pardonner toutes nos offenses. Capables de faire de grandes choses, car l’Esprit de Dieu, nous donne la force. Capables de surmonter les épreuves – comme celle de la pandémie – parce que Jésus est toujours avec nous, il est notre espérance.

Le baptême dans l’Esprit saint nous transforme : Dieu vient habiter en nous, et nous apporte ce qu’il y a de plus précieux au monde : l’amour ! On pourrait dire – en synthèse – que recevoir le baptême, s’est s’immerger dans l’amour de Dieu, un amour qui pardonne et tourne la page de notre vie ancienne, pour nous ouvrir à un avenir nouveau.

Sur les bords du Jourdain, au jour du baptême du Seigneur, les cieux se sont ouverts et la voix du Père s’est fait entendure : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie. » Ces paroles douces adressées au Fils sont aussi pour nous. Il serait bon que nous nous les remémorions plus souvent, non pas pour nous détourner de nos préoccupations ou pour fuir ce monde, mais plutôt parce qu’elles contiennent toute l’énergie dont nous avons besoin pour affronter les combats de notre vie. Puisque Dieu nous aime, puisqu’il croit en nous, qu’il compte sur nous pour poursuivre son œuvre, alors nous devons nous engager pleinement, comme Jésus l’a fait.

Voilà la grande nouvelle que le Christ est venu nous annoncer en ce monde : Dieu nous aime, et il compte sur nous pour vivre à la hauteur de son amour. Aujourd’hui, disons donc merci au Seigneur Dieu pour tant d’amour ! Merci pour le don du Fils, Jésus né parmi nous ! Et demandons-lui de nous apprendre encore à suivre l’exemple de Jésus, afin de vivre à la hauteur de notre vocation.

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