Home 2021 août 18 Dimanche 15 août – Assomption de la Vierge : homélie du Père Marc Dumoulin, vicaire

Dimanche 15 août – Assomption de la Vierge : homélie du Père Marc Dumoulin, vicaire

Dimanche 15 août – Assomption de la Vierge : homélie du Père Marc Dumoulin, vicaire

Chers Frères et Sœurs,

Laissons-nous émerveiller par le récit de la Visitation que livre l’Evangile. Marie se mit en route. Marie avait reçu l’ange Gabriel, chez elle, à Nazareth en Galilée, alors qu’elle était fiancée à Joseph. Elle en avait été toute bouleversée. L’ange lui avait annoncé que par la grâce de Dieu, l’Esprit Saint venant sur elle, elle enfanterait bientôt un fils. A cette occasion, Marie avait appris qu’Elisabeth, sa parente que l’on croyait stérile, allait, elle aussi, bien qu’avancée en âge, mettre au monde un fils.

Après une si bouleversante annonce, Marie se mit en route, avec empressement est-il précisé, pour rejoindre Elisabeth, dont elle partage désormais le destin, le même projet divin. Marie en avait éprouvé étonnement et crainte. Crainte divine provoquée par ce prodige qui bouleverse sa vie. Crainte humaine aussi, d’avoir à assumer une grossesse sans être mariée, situation inacceptable dans le milieu où elle vivait. Alors, Marie se met en route.

Partir, se mettre en route : la condition de qui répond à l’appel du Seigneur, à ce que le Seigneur attend de lui. Noé est entré dans l’arche, comme Dieu le lui a ordonné (Gn 6,22). Abraham quitta son pays, comme le Seigneur lui avait dit (Gn 12,4). Moïse fut envoyé par Dieu chez Pharaon en Egypte (Ex 3,10). Innombrables sont prophètes et saints à s’inscrire dans un même mouvement. Tous se mirent en route, comme fit aussi Marie.

Ainsi en va-t-il de quiconque met ses pas dans ceux du Seigneur. L’histoire du salut, la nôtre comme celle de nos frères, ne va pas et n’ira pas sans que nous nous bougions, que nous quittions notre zone de confort. Les circonstances de la vie nous ont placés chacun, chacune, dans une condition particulière, une ville, un pays, une culture, une époque que nous avons reçus sans les avoir choisis. Dans cette condition, nous les croyants, rendons-nous attentifs aux anges que nous envoie le Seigneur. Tendons l’oreille à ce qu’ils nous disent. Discernons la voie qu’ils nous indiquent. Comme à Marie, ils nous montrent le chemin.

Elisabeth répond à la salutation de Marie : Tes paroles sont parvenues à mes oreilles, dit-elle. Comme Marie, Elisabeth écoute. Elle a si bien entendu les paroles de Marie que celles-ci ont touché le tréfonds d’elle-même, l’enfant qu’elle porte et qui en tressaille d’allégresse. Marie a cru en l’accomplissement des paroles de l’ange et elle en fut bienheureuse ; Elisabeth accueillera, elle aussi, les paroles de Marie jusqu’à susciter l’allégresse de cet enfant en elle.

Paroles de bonheur, paroles d’allégresse. Parole de Salut.

Ecouter, se laisser bouleverser, croire et se mettre en route.

Nous qui, ce matin, ce soir, sommes venus jusqu’en cette église, un dimanche d’août, plutôt que de rester à nous reposer chez nous ou ailleurs, nous nous inscrivons, nous aussi, dans ce mouvement où se sont déjà engagées Marie et Elisabeth. Comme elles, nous écoutons la Parole du Seigneur. Laissons-nous bouleverser par ce que nous écoutons. Croyons en ce qui nous bouleverse. Prenons la route selon ce que nous croyons.

Comme avec Marie, le Seigneur se penche sur son humble servante. Marie, humble et humiliée, attend un enfant sans être mariée, ayant cru en la parole de l’ange. Elle sait que cet enfant est fils de Dieu. Dans sa petitesse et son abaissement, Marie s’inscrit à la suite des pauvres du Seigneur loués par les prophètes. La préférence de Dieu va vers eux. Sur eux reposent ses promesses.

Marie ne possède rien qui ferait obstacle au dessein de Dieu. Cela fonde sa virginité. En cela, elle nous précède, son pas devance le nôtre sur la voie du salut. C’est pourquoi elle est notre mère. Elle nous enseigne à devenir vierge de tout ce qui nous arrête et nous empêche de laisser Jésus grandir en nous et nous mettre en route. Elle représente l’Eglise et chacun de nous, nous appelant, nous aussi, à entrer dans le mystère des noces de l’Agneau. Si grande que soit notre misère, si pesantes nos fautes, une place nous y est réservée.     

Amen.

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